Le burn-out parental: quand le parent n'en peut plus

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Le stress fait partie intégrante du quotidien de tout parent (oui, même la super maman qui est toujours tirée à 4 épingles à la sortie de l’école, dont les enfants ont toujours des menus super « healthy » et qui organise des fêtes d’anniversaires dont vous rêveriez pour le votre !).

La société dans laquelle nous sommes nous pousse à croire dans une parentalité parfaite. Avec des enfants toujours beaux, souriants, « bien élevés », ayant des résultats scolaires nickels (voire même plus), une maison toujours en ordre, à être toujours dans la bienveillance, … bref, sa vie vous semble être un fil instagram parfait. D’autres parents semblent y arriver, alors pourquoi pas nous ? 

Et puis, les évolutions dans les neurosciences nous ont donnés aussi des preuves de la nécessité de faire évoluer nos modèles éducatifs. Mais ces changements ne sont pas forcément évidents et peuvent rajouter à la pression.

En effet, notre cerveau n’a pas (forcément) l’habitude des comportements bienveillants. Cela lui demande du temps pour créer les nouvelles connections… et ce n’est pas facile, ça prends du temps

Bref, la parentalité n’est pas un jeu d’enfant, elle peut même devenir pénible et peut mener au burn-out parental, voire à la dépression.

Le burn-out est un sujet qui me touche particulièrement. Peut-être parce que j’ai fait un burn-out professionnel. Peut-être parce que pour moi aussi la maternité, la parentalité n’est pas un long fleuve tranquille. Peut-être,…

Le sujet m’intéresse, je me suis donc informée, j’ai lu des ouvrages et récemment je suis allée à la conférence organisée par la mutualité chrétienne pour les professionnelles au sujet des dernières recherches menées par l’UCL. J’ai donc décidé de vous écrire un billet sur la question.

Pour prévenir le burn-out, il est important de savoir quels sont les signes afin de le détecter et ainsi mettre en œuvre des stratégies pour le prévenir et/oui pour s’en sortir.

Je dédie ce billet à toutes les mères, tous les pères qui font tout leur possible pour leurs enfants, leur famille.

Le parent et le stress

Etre parent, ce n’est pas que du bonheur.  A chaque étape de la parentalité, des facteurs de stress sont présents. Au moment de devenir parent, on se demande comment va le bébé, si notre logement est adapté, si nous seront prêt pour le jour « J »,…

Puis, l’arrivée d’un bébé amène son lot de fatigue, de remaniements familiaux,…

Et évidemment, quand nous sommes parents nous développons, de manière plus ou moins exacerbée, une conscience et une crainte de tout ce qui pourrait arriver : la maladie, l’handicap, la mort, le harcèlement,…

Et ne perdons pas de vue que l’immaturité des enfants amène également son lot de stress : (ils ont mangé, bu assez ? Il se tortille, il a été au toilette récemment ?,…), mais aussi l’immaturité émotionnelle qui font qu’ils peuvent avoir des colères qui nous laissent pantois,…

Bon, et l’adolescence n’est pas en reste,…

Et pendant toute la parentalité, nous avons nos projections en tant que parent de ce qui est bon pour eux, des exigences que nous nous mettons en tant que parent : je dois lui faire des petits plat bio, sain et maison, je devrais faire de la méditation avec eux, lire plus de livres, je dois lui trouver une bonne école, un chouette prof de sport, je devrais parler à sa maitresse de ses soucis en classe,…

Eh puis, bien entendu, il y a les difficultés spécifiques que peuvent avoir nos enfants : handicap à la naissance ou acquis, troubles scolaires, troubles de l’apprentissage, problèmes psychologiques,…

Bon, vous l’aurez compris, être parents n’est pas un long fleuve tranquille, je ne vous apprends rien.

En plus de cela s’ajoute, évidemment, les stress liés à la parentalités qui s’ajoutent tous ceux de la vie quotidienne : ceux liés à notre job (ou absence d’emploi), ceux dans notre couple, la pollution, la qualité de notre habitat, notre alimentation, …

Mais alors, me direz-vous, comment ça se fait que tous les parents ne sont pas en burn-out ???

La question mérite d’être posée !

Alors, il a déjà ce qui nous « protège », ce qui nous nourrit en tant que parent : les joies liées à la parentalité. Et il y en a des tas : le câlin du matin, les réussites de nos enfants, leurs progrès, les moments d’échanges où ça se passe comme dans une pub, …

Ensuite, il y a les ressources que nous avons : notre entourage (maman, belle-maman, conjoint,…) qui nous permet de souffler, la copine que nous pouvons appeler quand « on craque » (elle est précieuse celle-là !), …

A coté de cela, nous ne sommes pas égaux devant les stresseurs. En fonction de notre éducation, de notre histoire, … nous sommes plus sensible à un stress qu’à un autre. Voir, un élément qui nous met sous stress peut passer inaperçu pour quelqu’un d’autre.

Et pour finir, il y a un facteur déterminant, et c’est le perfectionnisme.

Mais bon, tant que la balance est équilibrée ou dans « le bon sens », on tient,…

Les étapes

Evidement, on ne tombe pas dans l’épuisement « pouf » d’un coup (ça se serait flippant comme perspective). Il y a des étapes. Et elles sont importantes car, en les reconnaissant, on peut agir avant d’être « dedans ».

C’est un processus qui est long et ce fait par « palier ». Une période de stress, suivie d’un mieux avec moins de stress. Puis, des facteurs de stress s’ajoutent et hop, ça monte d’un cran. Ca va à nouveau mieux, puis… bref vous avez compris.

Voici donc les phases :

  1. La tendance au surinvestissement et au perfectionnisme (cette phase est plus une base du burn-out qu’une phase en soi) couplé à la difficulté à accepter ou demander de l’aide :
    - Et oui, il y a, à la base, un besoin de tout contrôler. Le but étant que les enfants soient heureux et ainsi se sentir « une bonne mère ». Tout est urgent et doit être fait dans l’immédiat. 
    - Le faite de demander de l’aide à son ou sa partenaire n’est pas envisageable (ça ne sera pas assez bien fait, il n’a pas le temps,…). 
    - On veut être sous tous les fronts… en même temps, et obtenir un résultat impeccable.
  2. L’ambivalence : on a envie d’être parfaite… et en même temps on se sent dépassée.
  3. La frustration : quand l’ambivalence se prolonge, elle devient frustration. Le parent est surinvesti. Il sent qu’il devrait lâcher prise, mais il n’y parvient pas. La quantité de tâches à accomplir dans l’immédiat est telle que c’est devenu ingérable. C’est une phase clef car si les parents avaient eu les résultats qu’ils s’étaient fixés, ils auraient pu tenir encore…
  4. L’épuisement : quand la frustration se prolonge, on en arrive à l’épuisement, c’est à dire l’entrée dans le burn-out. «  Il s’agit donc d’une fatigue paralysante qui ne leur permet plus de faire face à leur quotidien comme elles le faisaient auparavant. Elles n’ont plus l’énergie nécessaire pour accomplir les tâches comme elles le souhaiteraient. Il semble même que l’aspiration à la perfection ait été annihilée par le manque de ressources. Les parents continuent à fonctionner avec le peu de forces qui leur restent, ils se trouvent en une sorte de mode « survie ». Le surinvestissement a en quelque sorte totalement épuisé leurs ressources. »
  5. Distanciation émotionnelle vis à vis des enfants. C’est une phase très douloureuse car le parent se rend compte que la source de son mal être est sa parentalité. Dans cette prise de distance, qui est une protection, les parents développent des comportements inadéquats envers leurs enfants (pouvant aller jusqu’à la maltraitance verbale ou physique).
  6. La dévalorisation : Le parent se sent incompétent, ne voit que ses échecs. Et bien entendu, comme il est coupé des interactions positives avec ses enfants (dû à la distanciation), il ne parvient pas à remplir son réservoir ! C’est la boucle infernale.
  7. La culpabilité : les parents se rendent compte que leur mal-être est tel que leur enfants pourraient en souffrir mais n’a plus les ressources pour changer la situation. Ce qui alimente la boucle infernale.

Qu’est-ce qui fait qu’on passe d’une phase à une autre ? C’est l’accumulation. Cela signifie que pour passer d’une phase à une autre, il faut que de nouveaux stresseurs s’ajoutent ou que des ressources disparaissent : décès d’une mamie qui nous aidait, déménagement qui nous fait perdre notre tissu social, maladie d’un enfant, nouvel enfant, entrée dans l’adolescence, troubles scolaires,…

Ce n’est donc pas un parcours linéaire. Il y a des périodes où le parent se rapproche du burn-out, puis s’en éloigne, puis s’en rapproche encore un peu plus,… et cela s’étale sur des années.

Et évidemment, si on retire des éléments stresseurs, si on rajoute des ressources, on peut s’éloigner du burn-out.

Le contraste

Un élément clef du burn-out, c’est le contraste. Cela signifie que le parent ressent un décalage entre le parent qu’il a été et celui qu’il est devenu. Et ça, c’est une différence majeure avec les autres « troubles » de la parentalité (dépression post-partum par exemple).

Les conséquences sur le parent et dans sa famille

Elles sont variées : trouble du sommeil, dépendances, problèmes de santé, irritabilité et colère, négligence, violence verbale et physique, difficultés conjugale, dépression, idées suicidaires et envie de fuir.

Certains parents restent capables de prendre soin de leurs enfants mais ils n’en peuvent plus et n’y prennent plus de plaisir.

Et je fais quoi maintenant ?

Si vous en êtes ici dans votre lecture, vous vous dites, peut-être, que vous êtes dans le burn-out parental ou dans le « processus ». Quelles sont les pistes à explorer, idéalement soutenu par un thérapeute ?

Prendre conscience de sa souffrance

Par un (presque) passage à l’acte (ou peut-être en lisant mon article ;-) ), un parent épuisé peut se rendre compte qu’il est allé « trop loin » qu’il a besoin d’aide, de soutien. Qu’il est bel et bien épuisé. Cette prise de conscience est le premier pas pour pouvoir s’en sortir.

Des mots pour le dire

Les mots de l’entourage, dans l’écoute, la bienveillance, le non-jugement, peuvent permettre une prise de conscience.

Se (faire) réhabiliter

Quand on a pris conscience de sa souffrance, on peut commencer le chemin. En se faisant réhabiliter. Par exemple en lisant des témoignages de personnes souffrant elles aussi. Les blog sont une bonne option. La participation à des groupes de parole (notamment ceux que j’organise, contactez-moi !) vont également aider à sortir de la culpabilité.

On peut se rendre compte ainsi que c’est dur pour d’autres parents, que l’on n’est pas incompétent.

Prendre soin de soin

Des rituels pour prendre soin de soi comme un cours de yoga, des massages, des balades dans les bois, un journal créatif,… Et parfois, cela passe par une phase d’isolement, être seule pour après pouvoir à nouveau prendre soin de l’autre.

Se remobiliser

Après la phase d’isolement, les parents peuvent doucement mettre en œuvre des stratégies pour changer les dynamiques qui les ont « fait plonger » et ainsi reprendre le plaisir d’être parent.

Retirer du positif

Bon nombre de parents passés par là retirent du positif de cette période. Qui est dure mais leur permet de se mobiliser autrement, de mettre en place de nouvelles stratégies. Cela leur permet de mieux se connaître.

Les outils que je propose

Les ateliers Filliozat

Les ateliers sont des outils que je trouve indispensable pour tout parent mais à plus forte raison celui qui traverse une des phases du (pré-)burn-out parental.

Chaque atelier consiste en une journée qui dans un premier temps se centre sur le stress du parent et donne des solutions concrètes sur les comportements nous posant problème/question.

La grammaire des émotions

Des outils pour mieux se comprendre, prendre soin de soi, comprendre son entourage et ce qui se passe en nous ? C’est par ici !

Etre accompagné par un coach parental

Un accompagnement personnalisé permet d’identifier précisément vos stresseurs et vos ressources et vous permettre de reprendre plaisir dans votre parentalité.

En conclusion

Cette conférence a réellement mis en avant que la Belgique est à la pointe en matière de burn-out parental. Il va même y avoir une formation permettant aux professionnels permettant d’aiguiller les parents en burn-out et les accompagner (je suis de près le dossier, ça m’intéresse vachement !).

En entendant parler la conférencière des attitudes et des outils permettant l’accompagnement des personnes traversant le burn-out parental, j’avais vraiment la conviction que la méthode Filliozat correspondait à 100% à ces besoins là. Cela renforce ma conviction sur la validité de cette approche et me conforte dans l’approche que j’ai choisie de développer avec les parents que j’accompagne.

Si le sujet vous intéresse, je vous recommande fortement ce livre (pour les professionels) :

9782807314450 g

Ou celui-ci (pour les parents): 

71Q+uvSse8L

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